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8 janvier 2013 2 08 /01 /janvier /2013 18:47
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18 août 2011 4 18 /08 /août /2011 18:13

euthanasieLa question de l’euthanasie est une fois de plus relancée, sauf que le débat est toujours confisqué par les décideurs décidés à ce que rien ne change.

 

Co-fondateurs de l’association citoyenne Faut qu’on s’active ! et du Mouvement National pour une Loi Vincent Humbert, j’ai participé avec mes amis dont Marie Humbert à la rédaction d’un projet de loi instaurant un droit à l’euthanasie (500 000 citoyens l’ont signé !) et à de nombreux débats en France.

Et je reste plus que jamais convaincu de l’absolue nécessité d’une telle loi parce que l’euthanasie – la bonne mort – c’est le respect de la personne, de sa condition, de sa souffrance, de sa liberté. Elle est l’acte humaniste d’une tiers personne qui provoque volontairement la mort d’un individu -  sur sa demande -  atteint d’une maladie incurable qui lui inflige des souffrances morales et/ou physiques qu’il juge intolérable.

 

Le droit à l’euthanasie repose en effet sur 3 principes cardinaux indissociables :

-          La reconnaissance que chaque homme est propriétaire de sa vie et qu’en tant que propriétaire de sa vie, il a la liberté inaliénable (et le droit doit en découler) de choisir comment il souhaite achever sa vie.

-          Un état médical caractérisé par une maladie ou handicap qui ne peut être guéri entraînant des souffrances qu’il ne supporte pas ou plus malgré les traitements proposés.

-          Une volonté répétée et affirmée de mourir de l’individu, en pleine possession des ses facultés intellectuelles et morales, totalement conscient et informé de son état et des possibilités de soins et d’accompagnement qui s’offrent à lui.

 

Or une minorité décisionnaire bloque ce droit parce qu’elle ne reconnait pas à l’homme la propriété de sa vie au nom d’une conception religieuse de l’existence : l’homme serait la créature de Dieu et il appartiendrait à Dieu de décider quand et comment chacun doit mourir.

Cette conception est tout à fait louable. Sauf que la foi relève de la liberté de croyance de chaque individu. Et qu’en tant qu’individuelle, elle est en soi pour soi : elle n’a pas à être imposée à autrui.

Aussi en refusant l’instauration d’un droit l’euthanasie au nom de conceptions religieuses personnelles, cette minorité porte atteinte à la liberté et à la dignité de chacun voulant réglementer nos vies en fonction de leurs croyances personnelles.

L’euthanasie est combattue comme les droits à la contraception et à l’avortement ont été et sont toujours combattus.

C’est encore et toujours le perpétuel combat entre ceux qui veulent laisser à chacun la liberté de choisir pour eux-mêmes et ceux qui veulent imposer à tous leur point de vue individuel.

 

On nous dit évidemment (c’est politiquement plus correct) que la loi Leonetti sur le développement des soins palliatifs est parfaite, qu’elle solutionne tous les problèmes et répond à toutes les demandes des patients.

Les soins palliatifs apportent des réponses et il est nécessaire de continuer à les développer de telle sorte que ceux qui veulent s’éteindre naturellement puissent vivre leurs derniers temps dans les meilleures conditions possibles. D’ailleurs le combat pour le droit à l’euthanasie est indissociable du développement des soins palliatifs et de tous les accompagnements et réponses qui permettent à chacun un vrai choix et de quitter la vie le plus conformément à leur volonté.

Mais qui peut raisonnablement et honnêtement décréter qu’une seule loi, qu’un seul dispositif suffit à répondre à toutes les situations ?

Affirmer que les soins palliatifs règlent tout et justifier ainsi l’inutilité du droit à l’euthanasie, c’est une parade sournoise qui vise à interdire la liberté de choisir : pour interdire une liberté ou un droit, il suffit de nier leur intérêt.

Mais plus grave encore, c’est mettre sous silence la souffrance et manquer de respect à tous ces hommes et ces femmes pour lesquels les soins palliatifs n’apportent pas de réponse suffisante à leurs souffrances.

 

Et bien sur on nous annonce (susciter la peur pour contrôler les esprits) qu’un droit à l’euthanasie serait une opportunité pour tuer tous les malades et infirmes, se débarrasser de ceux qui nous importune, et de faire des économies à la sécurité sociale.

Ce type d’arguments avait déjà été utilisé par les militants religieux anti-avortement. Sous prétexte que l’on autorisait l’avortement, toutes les femmes allaient avorter et on allait obliger des femmes à avorter contre leur gré.

Or il n’en est rien : les femmes choisissent librement, dans un cadre juridique sécurisé et respectueux et bénéficient de tout l’accompagnement qui leur est nécessaire depuis la phase de réflexion à la pratique de l’acte médical.

Il est d’ailleurs remarquable que ce sont ces militants qui portent la contrainte :

-           ce sont bien les anti-euthanasie qui obligent à vivre et à souffrir ceux qui ne veulent plus vivre et souffrir.

-          tout comme les anti-avortement veulent obliger des femmes à enfanter contre leur volonté.

L’obligation ne naît pas du droit, elle vient de ceux qui refusent d’octroyer un droit.

Il est d’autant plus avérer qu’une loi loin d’initier des abus, consiste justement à mettre un cadre à une pratique déjà existante, bien qu’illégale, prévenant ainsi tout abus : la loi par la réglementation protège.

Un droit ne peut exister qu’à travers une loi délimitant ce qui est autorisé de ce qui ne l’est pas, de ce qui peut être fait, de quelle manière et dans quelles circonstances : une législation extrêmement précise, rigoureuse et respectueuse des droits du malade, un protocole défini dans la clarté et qui suppose transparence et collégialité des prises de décision devenues accessibles aux malades et à leurs familles

Un droit donne une liberté, un choix, il ne contraint pas. L’absence de droit lui, empêche.

 

Cette loi  instaurant un droit à l’euthanasie, comme proposé dans le projet de loi Vincent Humbert pourrait reposer sur quelques points essentiels.

La reconnaissance que toute personne majeure en mesure d’apprécier les conséquences de ses choix et de ses actes, est seule juge de la qualité et de la dignité de sa vie ainsi que de l’opportunité d’y  mettre fin et qu’elle dispose du droit de recevoir une aide pour se retirer dans la dignité lorsqu’elle fait état d’une souffrance ou d’une détresse constante insupportable, non maîtrisable, consécutive à un accident ou à une affection pathologique, ou lorsqu’elle est atteinte d’une maladie dégénérative incurable.

Que dans ce cadre très précis et très ciblé, il ne peut y avoir euthanasie que si la personne a pu en exprimer la volonté claire, soit dans une déclaration de volontés anticipées (DVA) renouvelable, soit par écrit, ou soit oralement à plusieurs reprises.

Que cet acte doit s’inscrire dans un cadre strictement médical dans lequel le médecin (disposant d’une clause de conscience) a l’obligation de donner à son patient une information claire et complète sur son état de santé, dans l’état des connaissances scientifiques du moment, ainsi que sur les possibilités de recours à des soins palliatifs. Le médecin devra également prendre l’avis d’une équipe pluridisciplinaire tenue de s’entretenir avec les proches, avec l’équipe soignante

 

L’euthanasie telle que conçue relève bien d’une pratique humaniste et respectueuse des uns et des autres.

Il ne s’agit aucunement comme on veut nous le faire croire :

-          d’éliminer les vieux, les malades et les handicapés

-          tuer ceux qui coûtent trop chers à la sécu ou dont on ne veut plus s’occuper

-          de décider à la place des autres et d’imposer la mort à quelqu’un

 

Il est tout à fait compréhensible que l’euthanasie heurte certaines âmes et sensibilités : le sujet est grave car il touche à la mort, à l’intime, il relève du choix individuel de mourir et entraine un acte qui va donner la mort. Il est tout à fait normal que nous ne partagions pas tous le même point de vue sur la question de l’euthanasie. Mais la liberté de chacun doit être respectée.

Or en interdisant un droit on interdit tout libre choix tandis qu’en autorisant un droit on laisse à chacun la liberté de choisir.

 

De quel droit, au nom de quoi ou de qui, quelques tenants d’un ordre moral qui n’acceptent pas qu’on puisse penser différemment d’eux, veulent imposer à tous leurs conceptions personnelles de la vie niant à chacun la propriété de sa vie, de son corps et de son esprit ?

Et jusque, dans leur aveuglement ou leur intolérance, nier la souffrance des hommes et les contraindre à une agonie parfois terrible.

 

Alors oui je réclame le droit pour chacun de bien vivre et de bien mourir. Le droit pour chacun de partir  avec ou sans souffrance, d’attendre que la nature fasse son œuvre ou d’anticiper la mort de son vivant, de déterminer les conditions, le moment, les circonstances dans lesquels, à titre personnel, on aura jugé bon de refermer le livre de sa vie.

Est-ce trop demander ?

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14 août 2011 7 14 /08 /août /2011 17:06

La question a une fois de plus été soulevée suscitant de nouveau les caricatures et raccourcis habituels des postures politicardes de droite comme de gauche.

 

Une drogue est une substance induisant une modification du comportement et/ou entrainant une dépendance.

Le cannabis au même titre que le tabac, l’alcool, la cocaïne, l’héroïne… est donc une drogue.

Certaines drogues sont légales (tabac, alcool, médicaments psychotropes), d’autres illégales (cannabis, cocaïne, héroïne…)

Or il est observable au regard du  Rapport sur la dangerosité des produits par le professeur Bernard Roques, membre de l'Académie des sciences, que ce classement entre drogues licites et drogues illicites n’est pas nécessairement en lien avec leurs propriétés pharmacologiques et les problèmes et risques sanitaires et sociaux liés à la consommation de ces produits.

 

Facteurs de dangerosité des drogues, selon le rapport Roques (1998)[

 

Dépendance physique 

-          Très forte : héroïne, alcool

-          Forte : tabac

-          Moyenne : benzodiazépine

-          Faible : cocaïne, psychostimulants, cannabis

 

Dépendance psychique

-          Très forte : héroïne, alcool, tabac

-          Forte : cocaïne, benzodiazépine

-          Moyenne : psychostimulants

-          Faible : cannabis

 

Neurotoxicité

-          Très forte :

-          Forte : alcool, cocaïne, psychostimulants

-          Moyenne :

-          Faible : héroïne

-          Nulle : tabac, cannabis, benzodiazépine

 

Toxicité générale

-          Très forte : tabac

-          Forte : héroïne, alcool, cocaïne, psychostimulants

-          Moyenne :

-          Faible :

-          Très faible: cannabis, benzodiazépine

 

Dangerosité sociale

-          Très forte : héroïne, cocaïne

-          Forte : alcool

-          Moyenne :

-          Faible : psychostimulants, benzodiazépine, cannabis

 

La dangerosité du cannabis tant sur la santé que dans le lien social est donc minime et insignifiante en comparaison de l’alcool et du tabac qui eux sont légaux.

Et je ne m’attarderai pas sur les chiffres effarants des maladies et des décès provoqués par la consommation d’alcool et de tabac ni même sur le procédé des fabricants de cigarettes qui introduisent quantité de poisons pour rendre le fumeur dépendant dès la première clope. Cela est suffisamment connu à ce jour.

Il ne s’agit pas dans le cadre de cet état des lieux de justifier une légalisation du cannabis au regard de la libre consommation d’alcool et de tabac mais de faire prendre conscience d’une incohérence législative sur l’usage des drogues, d’un double discours de politiques et surtout de la réalité des facteurs de risque de chaque produit.

 

Je peux entendre le positionnement qui consiste à refuser la légalisation du cannabis afin de ne pas mettre une nouvelle drogue dans le circuit de libre consommation.

Mais que vaut cette position d’un point de vue sanitaire, social et préventif au regard de la réalité des faits ?

1.       L’illégalité de la consommation du cannabis n’est nullement un frein à sa consommation qui ne cesse de progresser. Toutes les politiques d’empêchement sont en échec depuis plusieurs décennies.

2.       L’illégalité de sa vente engendre une économie parallèle, souterraine hors contrôle où les dealers et caïds établissent leur pouvoir et font des bénéfices,  entraînant dans leur sillage une jeunesse désœuvrée en  recherche d’argent facile.

3.       L’illégalité de sa production induit une mise sur le marché de produits sans aucun contrôle sur les modes de culture et éventuels additifs pouvant s’avérer bien plus nocif que le cannabis lui-même.

 

La question est conservons-nous la même ligne avec les résultats que nous connaissons ou adoptons-nous une autre stratégie ?

Quel intérêt de maintenir une politique ayant échoué et induisant bien plus d’effets négatifs que le mal qu’elle est censée combattre ? Le refus de se déjuger ? Vouloir maintenir l’illusion qu’à coup de descentes médiatiques de policiers et de chiens dans les collèges on garde sous contrôle une situation ?

Une politique ayant échoué n’a nulle légitimité à être maintenue.

 

Quelles pourraient être les conséquences d’une légalisation de la production et de la vente du cannabis ?

1.       La réglementation et le contrôle sanitaire de la production favoriserait l’émergence d’un produit naturel et propre. Quitte à consommer du cannabis, autant proposer un produit de qualité.

2.       Une vente libérée sous couvert d’une réglementation comme c’est le cas pour les débits de boisson et de tabac casserait l’économie souterraine contrôlée par les dealers, comme cela s’est produit avec la fin de la prohibition de l’alcool.

3.       Une vente libérée casserait le lien entre le consommateur et le dealer.

4.       Une vente réglementée induirait comme pour tout produit une TVA et/ou une surtaxation donc des recettes financières nouvelles pour l’Etat. L’Etat le fait déjà pour l’alcool et le tabac sous couvert officiel de salubrité publique mais surtout parce que cela représente une manne financière ô combien précieuse et facile. Et cet argent est quand même mieux placé dans les caisses publiques  que dans les poches des dealers.

Cette politique permettrait-elle une baisse de la consommation du cannabis ? En aucun cas mais là n’est pas son objectif. Il s’agit de sécuriser une consommation qui existe et qui est actuellement totalement hors contrôle.

Cette politique peut-elle favoriser la consommation du cannabis ? Son interdiction n’est pas un frein à sa consommation, rappelons-le. Sa légalisation peut effectivement conduire un public qui n’aurait pas osé franchir l’interdit à découvrir un tel produit.

On objectera évidemment que tout héroïnomane a commencé par un joint. Oui, comme tout alcoolique a commencé par un verre, comme tout joueur compulsif a commencé par un pari. Sauf que tout fumeur ne devient pas héroïnomane car il n’y a pas de lien entre les deux. C’est aussi une vérité et une réalité scientifique.

 

La légalisation du cannabis ne règlera aucunement la question de la toxicomanie et de l’usage de la drogue.

Elle se veut être une réponse à une réalité incontestable générant bon nombre de problèmes dans l’objectif de les atténuer. Et doit impérativement s’inscrire dans une politique sanitaire de contrôle et de réglementation de la consommation comme c’est le cas pour l’alcool.

Je peux tout à fait comprendre que ma position puisse choquer, être interprétée comme une incitation à la consommation d’une drogue ou du moins à une coupable renonciation.

Dans un monde idéal nul ne recourrait à quelque drogue que ce soit. Mais le monde réel n’est pas le monde idéal. Et nier le monde réel dans l’espoir d’accéder à une vie rêvée ne participe pas à transformer positivement le vrai monde.

Entre un mal et un moindre mal, je choisis raisonnablement le moindre mal. Entre une politique qui a constamment échoué depuis des décennies et une politique qui peut apporter des réponses et des solutions même imparfaites, je choisis le résultat.

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